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Stock mort : pourquoi il grossit même quand vos clients sont servis

Plus de la moitié des PME interrogées pour ce baromètre servent plus de 90 % de la demande. Dans le même temps, la part de leur stock excédentaire déclarée morte a doublé en deux ans. Les deux chiffres ont la même cause : un réassort qui commande « par sécurité ». Voici comment repérer ce stock et arrêter d'en racheter.

Ce que mesure ce baromètre

Ce baromètre 2026, publié par un éditeur de logiciels de planification des stocks, repose sur un sondage auprès de plus de 150 de ses utilisateurs, des PME de moins de 250 millions de dollars de chiffre d'affaires réparties dans le monde entier, complété par les données de 2 500 de ses clients. Supply Chain Dive en a publié les principaux résultats.

Stock excédentaire déclaré mort

12 % → 17 % → 24 %

La part du stock excédentaire déclarée morte, en 2024, 2025 puis 2026.

Taux de service

53 % au-dessus de 90 %

Un peu plus de la moitié des PME interrogées dépassent 90 % de taux de service.

Rotation des stocks

Environ 4 par an

Le stock tourne plus vite qu'avant.

Échantillon

Des clients d'un éditeur

Plus de 150 répondants dans le monde, plus les données de 2 500 clients de l'éditeur.

Deux précautions de lecture. D'abord, ces chiffres ne sont ni français ni représentatifs de l'ensemble des PME : ils viennent des clients d'un outil de planification, donc d'entreprises plutôt mieux équipées que la moyenne. Ensuite, le 24 % porte sur le stock excédentaire, pas sur tout le stock. Il dit que, dans ce qui est déjà en trop, la part qui ne partira plus a doublé en deux ans.

Lu ainsi, le signal reste net. Ces entreprises tournent leur stock plus vite et servent bien leurs clients, et pourtant le surplus qu'elles accumulent se vend de moins en moins.

Bien servir et accumuler du stock mort : le même réflexe

Comment servir plus de 90 % de la demande tout en voyant grossir son stock mort ? Souvent, en commandant plus que nécessaire. Quand on craint la rupture, on ajoute une marge, puis une autre. Le client est servi. La marge, elle, reste en rayon.

Le mécanisme se répète d'une entreprise à l'autre. On fixe une couverture unique, trois mois pour tout le catalogue, alors qu'un fournisseur livre en 3 semaines et un autre en 75 jours. On arrondit au minimum de commande sans regarder ce qu'il représente en mois de vente. Après une rupture, on recommande large, pour ne pas revivre la même semaine. On prépare la fin d'année en ajoutant la hausse saisonnière à des ventes récentes qui la contiennent déjà. Et on oublie de couper le réassort d'un produit qui ralentit, parce que personne ne relit 3 000 lignes de tableur chaque semaine.

Chaque décision, prise seule, se défend. Additionnées, elles déplacent l'argent vers les références qui ne tournent plus. Les meilleures ventes peuvent tirer la rotation moyenne vers le haut pendant que la fin du catalogue s'alourdit. Le total du stock peut même rester stable : c'est sa composition qui se dégrade, avec trop de ce qui ne part plus et pas assez de ce qui part.

Repérer le stock mort, règle par règle

Un premier tri ne demande aucun outil. Prenez votre export de stock et de ventes, puis appliquez ces règles dans cet ordre.

  • Aucune vente depuis 180 jours, stock positif. C'est le stock mort au sens strict. Si votre activité est très saisonnière, regardez sur 365 jours pour ne pas condamner un produit d'hiver en juillet.
  • Jamais vendu depuis la réception. Une référence reçue il y a plus de 90 jours sans une seule vente est un achat raté, pas un produit lent.
  • Plus de 12 mois de stock devant vous. Divisez le stock disponible par la vente quotidienne. Au-delà de 365 jours de couverture, vous êtes en surstock, même si le produit se vend encore.
  • Une couverture sans rapport avec le délai. Avec un fournisseur à 30 jours et une couverture cible de 30 jours, 60 jours de stock suffisent. À 200 jours, vous avez acheté trop tôt ou trop.
  • Une commande ouverte sur une référence en surstock. C'est la plus urgente : vous êtes en train d'en racheter.
  • Un tri par valeur immobilisée, pas par quantité. 500 porte-clés à 0,80 € immobilisent 400 €. 40 vestes à 60 € en immobilisent 2 400.

Ces seuils sont des points de départ. Ajustez-les à vos délais et à votre saison, puis écrivez-les noir sur blanc : un seuil qui change à chaque revue ne déclenche jamais de décision.

Arrêter d'en fabriquer

Repérer le stock mort traite le passé. Pour qu'il ne se reforme pas, il faut changer la façon dont la quantité commandée est calculée.

Couverture

Calée sur le délai de chaque fournisseur

La quantité couvre le délai de livraison plus une couverture cible, moins ce que vous avez déjà en stock, en route et commandé. Pas trois mois pour tout le monde.

Saisonnalité

Le pic compté une seule fois

Corrigez la vente par la saison de la période où la marchandise arrivera. Si novembre est déjà dans vos ventes récentes, ne l'ajoutez pas une seconde fois.

Alertes de surstock

Un signal pour ne pas racheter

Une alerte qui dit « n'en rachetez pas » compte autant qu'une alerte de rupture. Sans elle, le surstock se découvre à l'inventaire.

Arbitrage

Trancher chaque référence

Liquider, transférer vers l'entrepôt qui en manque, ou sortir la référence du réassort. Laisser dormir reste la seule option qui coûte à coup sûr.

Reste l'arbitrage le plus fréquent : compléter une commande pour atteindre le franco de port. Vous économisez le port, mais vous achetez du stock en avance. Si les références ajoutées étaient à commander dans les semaines qui viennent, l'opération est gagnante. Si elles dorment déjà, le port économisé se transforme en stock immobilisé.

Le calcul complet, de la vitesse de vente au franco, est détaillé chiffres à l'appui dans notre article sur la méthode de réassort de Falcoverage.

Ce que Falcoverage fait de ces règles

Falcoverage applique ce calcul toutes les heures, à chaque référence et dans chaque entrepôt. Pour le stock qui dort, concrètement :

  • Deux alertes dédiées. Surstock quand la couverture dépasse votre seuil (365 jours par défaut), Stock mort quand un produit en stock n'a rien vendu depuis le nombre de jours que vous avez fixé. Les deux seuils se règlent, y compris par Business Unit.
  • Une page Stock dormant. Les produits en stock sans vente sur la période choisie, de 7 jours à un an, ceux qui n'ont jamais été vendus, les unités et la valeur immobilisée. Filtrable par catégorie, exportable en CSV.
  • Le cash dormant sur le tableau de bord, et un rapport PDF « Surstock & stock mort à liquider » à partager.
  • Pas de rachat de ce qui dort. Le réassort ne propose une quantité que pour les références en rupture, critiques ou en vigilance, après déduction du stock disponible, en route et déjà commandé.
  • Transférer avant d'acheter. Avec plusieurs entrepôts, l'alerte Déséquilibre signale qu'un site manque pendant qu'un autre a du surplus.
  • Les commandes de la semaine et le calendrier des missions. Chaque lundi, un brouillon par fournisseur et par entrepôt, à relire avant envoi. Le calendrier place chaque commande la semaine où il faut la passer, et propose de compléter jusqu'au franco avec des références bientôt à commander. Vous cochez, ou non.
  • La prévision 12 mois. Mois par mois, le stock projeté et le montant minimum à engager pour ne pas tomber à zéro.

Aucune commande ne part sans votre accord, sauf chez les fournisseurs pour lesquels vous avez coché l'envoi automatique. Pour le reste du fonctionnement, voyez la page logiciel de réassort.

Par où commencer cette semaine

Posez-vous deux questions. Quelle part de votre stock n'a rien vendu depuis six mois ? Et sur quelles références avez-vous été en rupture le mois dernier ?

Si les deux listes sont longues, votre réassort commande au mauvais endroit. Vos réponses en diront plus que n'importe quel baromètre, parce que ce sont vos chiffres.

Source : baromètre 2026 d'un éditeur de logiciels de planification des stocks, sondage auprès de plus de 150 de ses utilisateurs (PME de moins de 250 M$ de chiffre d'affaires, monde entier) complété par les données de 2 500 clients, repris par Supply Chain Dive, « Beyond tariffs, a storm of pressures is hampering SMB supply chains ». Chiffres déclaratifs, issus des clients d'un éditeur : ils ne décrivent ni un pays ni l'ensemble des PME.

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